Après avoir pris le temps d'instaurer une relation de confiance, nous pouvons passer à l'acte. Mais quel est le bon acte ? Comment concilier « conduite à tenir » et « consentement éclairé » ?
Question de timing...
1/ Le geste qui soulage la douleur
Définir l'acte prioritaire. Celui qui va soulager le plus rapidement possible la douleur. Comme un urgentiste. Savoir choisir le geste que l'on doit réaliser, comme la meilleure « conduite à tenir », une fois le diagnostic établi.
2/ Bannir tout geste qui crée de la douleur
En effet, pour un soignant, infliger de la douleur n'est jamais anodin, même si elle est modérée. Occasionner de la douleur pour la soulager, est quelque chose dont nous ne pouvons plus raisonnablement nous satisfaire aujourd'hui. Le temps est révolu où le patient subissait… patiemment. Le seuil de tolérance à la douleur a tendance aujourd'hui à s'abaisser.
3/ Obtenir l'accord sur le traitement pour prévenir les douleurs morales
Le consentement réglementaire est parfois signé bon gré mal gré, avec le sentiment d'accomplir une formalité plutôt que de prendre une décision.
C'est là, pour éviter bien des incompréhensions, voire des litiges, qu'il faut aller au-delà du consentement car la « conduite à tenir » universelle n'existe pas.
Face aux multiples options thérapeutiques, il nous faut donc accompagner le patient au-delà du consentement. Vers la décision. Vers l'accord, plein et entier.
Celui du soigné, mais aussi celui du soignant.
Cette démarche, éprouvée de longue date, est devenue Wise Dentistry. Elle combine la relation et le raisonnement clinique dans une chronologie précise, et permet d'aller bien au-delà de la signature réglementaire.
Voir la vidéo sur l'accord thérapeutique · Voir la vidéo sur le consentement éclairé
4/ Le traitement aussi minimalement invasif que raisonnable
En restant dans les limites du raisonnable pour ne pas compromettre la qualité de traitement, plus les voies d'accès sont respectueuses des tissus, moins on crée de douleur per et post opératoire.
5/ Réussir chaque geste opératoire
L'échec opératoire est source potentielle de douleurs. Physiques ou morales. Alors il nous appartient de le réduire à… Zérø.
Est-ce vraiment possible ? En première approche, on pourrait considérer que non, dans la mesure où tout le monde sait que l'aléa thérapeutique est inhérent à toute démarche médicale.
Mais il ne faut pas confondre aléa thérapeutique, qui peut conduire à l'échec du traitement, et aléa opératoire, qui peut conduire à l'échec de la procédure.
Les patients savent et comprennent, dans leur grande majorité, que toute procédure médicale est soumise à un aléa thérapeutique. Mais il n'en va pas de même lorsque c'est la procédure qui échoue.
Il peut être parfois tentant de l'invoquer en cas de geste malheureux. Mais qualifier d'aléa l'échec d'une procédure est beaucoup plus difficilement accepté par le patient, ou lors d'une expertise.
Accepter l'aléa opératoire, c'est l'inviter dans le soin. Et provoquer à coup sûr de la douleur. Physique, morale, voire les deux.
Comment éliminer l'aléa opératoire ?
En planifiant chaque acte, chaque procédure. Voir la vidéo sur la planification
En maintenant la concentration nécessaire tout au long de la procédure. Voir la vidéo sur la concentration
Il est alors possible d'arriver à destination. À chaque fois. Sauf accident. Comme en avion, comme en voiture.
